Et si…je parlais de mon agression/What if…I talked about my assault

SCROLL RIGHT DOWN FOR THE ENGLISH VERSION!!!

 

Attention, article très long! J’ai longtemps hésité à savoir écrire cet article ou non. Puis les évènements en France de début janvier ont fait que je me suis dis que ce n’étais pas vraiment le moment. Et si je le fais maintenant, c’est parce que d’une part j’ai besoin d’en parler, d’autre part car je me dis que ça peut peut être aider quelqu’un et puis aussi parce que justement, ce qui s’est passé à Paris m’a aidé et je voudrais vous en faire part.

 

Ce qui s’est passé : mon agression

Voilà un peu plus d’un mois, le 20 décembre au soir, que je me suis fait agressée, à Londres, en rentrant de ma soirée de Noël du boulot avec mon chéri. Il était 23h45, il fallait qu’on se dépêche de prendre le métro pour attraper notre dernier train. Nous étions heureux, un peu pompette mais dégoutés de quitter la soirée (si tôt). Pour arriver à la station de métro, il fallait emprunter un passage sous-terrain qui passe sous la route au niveau de Hyde Park.

Arrivés dans le passage, je vois du coin de l’œil un sans-abris allongé dans un sac de couchage sur le sol et deux personnes debout devant lui qui parlent mais je ne fais pas attention à ce qu’elles disent. Mon chéri en revanche, a écouté et elles disent à cette homme d’un ton agressif “pourquoi t’es dans la rue? Hein, pourquoi?” comme s’il avait fait le choix entre un appartement au chaud et ce passage sous-terrain…Alors, continuant à marcher, mon chéri dit tout fort un truc du genre ” mais c’est bon, reviens-en” en gros lâche-le.

Au bout du passage sous-terrain se tenait une fille qui se trouvait être leur copine. Et elle commence à dire “oh pourquoi tu trash mes copines toi pourquoi tu trash mes copines!”. Mon chéri s’arrête à sa hauteur et commence à se prendre la tête avec elle en lui disant que ses copines n’ont pas à emmerder le mec, qu’il en a assez comme ça sans qu’elles en rajoutent.

Je monte les marches et dis à mon chéri de laisser tomber et de venir, que nous devons prendre le métro, un peu agacée qu’il se prenne la tête avec elle. Il avait raison cela dit mais j’entendais le ton monter des deux côtés, je voyais le truc venir (sans pour autant savoir que ça finirait comme ça). Une femme monte les marche en même temps que moi et me dis “laissez tomber, elle est folle” vu les propos que la fille commençait à tenir. Mon chéri monte les escaliers et la fille, du bas, commence à provoquer.

“-c’est ça! Vas retrouver ta copine, de toutes les façons elle n’a rien à faire ici, elle n’appartient pas à ce pays. Elle parle avec un accent, elle est ÉTRANGÈRE, dégage! va te faire!”.

Et là, ça m’a fait comme un coup de poignard. Je me suis dis qu’après plus de 4 ans de vie ici et de tentative d’intégration, j’avais visiblement échoué, je n’étais toujours pas acceptée.

Même la femme qui montait les escaliers avec nous s’est retournée et a dit “quoi???” et a dit “laissez tomber elle en vaut pas la peine”. Mais la fille en bas continuait encore et encore. Et je me suis transformée en furie, à lui hurler qu’est ce que ça pouvait bien faire que j’ai un accent et je passe sur le langage très fleuri dont je lui ai fais part pour lui montrer mon apprentissage de SA langue en utilisant même le plus gros mot de la langue anglaise. Je n’en suis pas fière mais les injures sortent plus facilement qu’un bon mot, surtout après quelques verres…

Elle me provoquait, me disant de descendre de lui dire en face et j’en faisais de même, de lui dire de monter(encore une fois, l’alcool me faisant me sentir “brave et grande gueule”). Mais comme toute petite frappe qui se respecte, toute seule elle n’en faisait rien. Elle a attendu que ses copines arrivent pour nous rattraper alors que nous partions et nous provoquer encore.

“dégage, t’as rien à faire ici, tu payes pas tes impôts, t’es une ÉTRANGÈRE, va te faire f…”.

Et moi, tombant dans le panneau, me justifiant et lui criant en retour que je travaille ici, que je paye mes impôts, que j’ai le droit d’être ici. J’essayais en même temps de tirer mon chéri par la manche et lui disait qu’elle en valait pas la peine, que nous ferions mieux de partir. Ses copines étaient bourrées (une en tout cas), commençaient à s’en mêler en disant que je n’avais pas à trasher leur copine, ce qui n’arrangeait rien. Mon chéri, lui essayait de les éloigner de moi en les encerclant et elles n’en finissaient pas de déblatérer leurs saloperies et elles ont commencé à pousser mon homme. Ce qui n’a fait que contribuer encore plus à ma colère. Elles le poussaient pour m’atteindre et j’en ai eu marre. Je voulais qu’elles arrêtent. Je le souhaitais si fort et elles étaient tellement haineuses. Je vous jure, rester stoïque devant ce flot de haine et d’insultes, c’était pas facile. Je n’ai pas voulu frapper mais j’ai voulu la stopper en lui couvrant la bouche de ma main dans un geste sans agressivité, sans force, seulement pour la faire taire car je n’en pouvais plus. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai fais ça. Je voulais juste qu’elle se TAISE. Et ça a été l’élément déclencheur. Même si après coup je me dis que ce n’était qu’une question de minutes avant que ça dégénère et que l’une d’elles aille plus loin. Elles se sont jetées les 3 en avant criant “touche pas ma copine”, mon chéri entre nous et je me suis retrouvée projetée violemment contre le mur, le poids de 4 personnes dans le ventre, m’empêchant de bouger.

L’une a attrapé ma boucle d’oreille et a voulu tirer dessus. Je l’en ai empêché à la dernière minute en dégageant ma main et en couvrant la sienne en disant “nonononon” la priant du regard sachant que s’il elle tirait mon lobe serait déchiré. Tandis que les deux autres attrapaient mes cheveux, que j’avais détaché ce soir là et les arrachaient par poignées.

Et là, à partir de ce moment, je n’ai plus rien fait. Je me souviens avoir pensé que ça ne faisait pas mal (sur le moment). Je me souviens m’être dit que j’avais mes talons dans un sac plastique à la main et que je pourrais m’en servir pour me défendre. Je me souviens de les voir arracher mes cheveux et de le sentir sans pouvoir les stopper et me demandant où ça allait s’arrêter. J’étais remplie de haine, je voulais agir, les empêcher mais la peur et le choc me paralysais. Mon chéri lui me tournait le dos en leur faisant face essayant de les repousser, leur disant d’arrêter et ne voyait pas les cheveux qu’elles arrachaient. Il a refusé jusqu’au bout de les toucher.

Puis ma mémoire saute à ce moment là. Il y a un trou noir. Puis je me revois essayant de protéger mon visage mais ne pouvant toujours pas me défendre car toujours paralysée. Deux des filles continuaient à m’arracher les cheveux et à un moment ont pris une grosse poignée et ont tiré. Je me souviens avoir hurlé à ce moment là de peur, de panique et peut être de douleur. J’ai réussi à me dégager et je la revois, la fille du bas des escaliers, la ptite frappe brandissant ce qui ressemblait à une queue entière de mes cheveux, m’insultant, me disant de dégager. J’ai porté mes mains à ma tête et je l’ai regardé avec horreur. Je me suis dis que si je ne partais pas maintenant, je ne savais pas de quoi d’autre elles étaient capable. Tout ce que je me disais, c’est qu’il fallait que je parte.

Alors entre pleurs et cris, me tenant la tête aux endroits où la douleur s’éveillait, je me suis éloignée. Je me souviens m’être dit égoïstement “tant pis pour mon chéri, je le retrouverais plus tard mais là, il faut que je parte, que je trouve quelqu’un et tant pis si elles pensent que je m’enfuie” (de toutes les façons, c’était après moi qu’elles étaient, pas après lui). Et alors que je n’avais pas fait 10 pas j’ai vu une voiture de flics. J’ai couru jusqu’à eux, ne pouvant distinguer s’il y avait des gens à l’intérieur et j’ai tambouriné à la vitre comme une malade tenant des mèches de cheveux à la main en disant “s’il vous plait s’il vous plait venez nous aider on est en train de nous attaquer!”. Une jeune flic et son collègue sortent de la voiture et nous retournons en courant là où j’ai laissé mon chéri mais il n’était plus là et les filles parties.

Mon chéri m’a raconté ensuite qu’après que je sois partie, la fille qui tenait la queue de mes cheveux dans la main lui a “tiens!” en lui balançant violemment sur la poitrine “Tu donnera ça à ta copine”.

Les flics ont commencé à me dire “nous allons prendre la description de ce qui s’est passé” et moi je leur criais presque après en disant “mais elles sont encore là, courez leur après elles ne sont pas loin!!”. Je n’en revenais pas, elles étaient là quelque part, pas loin et eux voulaient que je m’assois tranquillement en racontant la scène alors qu’il y avait une chance de les rattraper. Il m’a demandé dans quelle direction elles sont parties et j’ai pensé que logiquement, puisqu’elles nous avaient suivies qu’elles allaient dans la même direction que nous alors que lui ai indiqué un côté. Mon chéri est arrivé alors que le flic était parti et il a dit “mais elles ne sont pas parties par là, elles sont parties de l’autre côté”. Inutile de décrire la déception qui m’a habitée et combien je m’en suis voulue.

La jeune flic m’a fait assoir sur un banc. Je pleurais, je tremblais de froid, de choc et je lui expliquais ce qui s’était passé. Alors que je décrivais, je voyais des poignées de cheveux par terre et disais “mais c’est mes cheveux là, c’est mes cheveux” et pleurais de plus belle. Pour voir des poignées de cheveux par terre, ça vous indique un peu combien elles en ont arraché.

Le flic qui était parti à leur recherche est revenu, m’a informée qu’il ne les a pas vues. Trois filles, blanches et anglaises, entre 20 et 30 ans, l’une qui a voulu tirer sur ma boucle d’oreille dont je ne me souviens pas du visage, l’autre la grande gueule, la plus haineuse des 3, celle du bas de l’escalier était jolie, blonde, maquillée pour sortir, en doudoune longue couleur crème et la 3eme, celle qui ne parlait pas clairement portait un chapeau, cheveux bruns au carré. Il m’a informé qu’il n’y avait pas de cameras à cet endroit mais qu’ils vérifieraient de retour au poste et il m’a dit “c’est dommage, on était juste là”. Oui…c’est dommage…

Je passe vite fait sur la suite, nous avons raté notre train. Les flics nous ont emmené dans une autre gare au cas où il y avait encore des trains mais c’était terminé et nous ont déposé dans un hôtel pour que nous passions la nuit et repartions le lendemain.

 L’après

J’ai eu mal pendant plusieurs jours et sentais le froid sur les zones atteintes. Ça faisait la sensation de brûlure. Je partais plus tard le dimanche pour les fêtes de Noël en France. J’étais dans un monde ailleurs, entre la colère et le choc. J’ai appelé ma mère et aussitôt je lui ai raconté ce qui s’était passé. Elle m’a dit plus tard que dès mes premières phrases, elle a reconnu le choc dans ma voix qu’elle entend si souvent chez ses patients (ma mère est psychiatre).

Je n’ai pas pu me laver les cheveux correctement pendant plus de 3 semaines pour laisser le temps à mon crâne de guérir. Car les cheveux ça repousse, oui mais pas sur des cicatrices d’où le fait de faire attention. J’ai porté des gants la nuit qu’on trouve en pharmacie pour m’empêcher de me gratter. J’ai trois zones essentiellement qui ont été arrachées. Deux sur le sommet de la tête et la grosse partie sous les épaisseurs. On ne voit pas selon la coiffure que je fais. J’ai eu l’impression d’aller mieux pendant 2 semaines. J’ai même réussi à plaisanter avec des copines leur disant que je faisais comme ces hommes qui cachent leur calvitie en rabattant leurs cheveux sur les trous. Et puis 2 jours avant la reprise du boulot, j’ai commencé à avoir des migraines. Le matin avant d’aller au boulot, tout m’est revenu puissance 10. Sachant que j’allais revoir tous mes collègues que j’avais revu la dernière fois ce soir là, qu’on allait me poser des questions J’essayais de ravaler mes larmes mais lorsque la mère de mon patron m’a demandé si ça allait, j’ai éclaté en sanglots. Chaque soir de cette semaine là, avant de m’endormir je revoyais la scène, encore et encore. Mes migraines sont toujours là, (3 semaines maintenant!) reviennent environ tous les 2 jours, 2 fois par jour en moyenne. Ça passera mais c’est mon corps qui parle pour moi. Il faut laisser le temps au temps. Puis le mercredi 7 janvier certaines choses ont changé.

L’horreur du 7 janvier

Quand j’ai vu ce qui s’est passé, je me suis dis au départ “mais…dans quel monde vit-on? un monde où on se fait agresser à Londres pour un accent, tuer à Paris dans une salle de rédaction pour des dessins”. Puis ces attaques sur les musulmans…les kebabs, les mosquées. J’avais envie de crier. J’ai perdu espoir à ce moment là et ai beaucoup pleuré. Je me suis demandé pourquoi ne pouvait-on pas cohabiter en paix.

Est-ce que j’ai eu tord de lui couvrir la bouche? Sans doute. Je n’aurais pas dû la toucher. Mais quand bien même, une main sur la bouche ne justifie en aucun cas leur réponse. De même qu’un dessin, aussi offensant qu’il soit pour les musulmans (et les autres religions) ne méritent pas un tel carnage de la part des terroristes.

J’ai relativisé sur ce qui m’étais arrivé en me disant qu’au fond, ce n’était pas très important. Important dans ma vie mais pas à l’échelle du monde. J’ai pensé à l’horreur que tous les gens qui étaient sur les lieux, qui connaissaient les personnes tuées de près ou de loin. Ça m’a touché énormément.

Puis la France a eu cette réaction spectaculaire. Que dis-je, le monde entier.

Le racisme

Voilà plus de 4 ans que j’habite ici. Je vis, je travaille, je contribue à l’économie, fait partager ma culture à ceux qui veulent partager mais surtout, j’essaye de m’intégrer. Parce que pour moi, arriver dans un pays, c’est embrasser une nouvelle culture sans y imposer la sienne ou du moins, cela doit être fait dans le partage et le consentement. Il faut s’adapter. Ce n’est pas forcément évident parce que le choc culturel est là (même si France-Angleterre croyez moi, y en a!) mais si on a fait le choix de s’installer dans un pays, alors il faut se plier aux règles de celui-ci. Ça ne veut pas dire enfouir sa propre culture attention, mais apprendre à vivre dans la culture de ceux chez qui ont arrive. C’est comme d’être invité quelque part, on ne commence pas à imposer de la musique qu’on aime nous et mettre les pieds sur les meubles sans y avoir été autorisé ou invité sous prétexte que c’est ce qu’on fait chez soi. De même vous voyagez, vous vous adaptez. Il ne faut pas avoir les épaules découvertes en visitant une église en Italie, soit, vous vous couvrez parce que c’est comme ça. En Russie pendant la messe, les femmes se couvrent les cheveux. Et on a pas besoin d’être catholique et orthodoxe, c’est une question de respect de la religion et des coutumes. Les cultures évoluent de toutes les façons avec la mixité des populations mais il faut que ça soit fait dans la bonne entente et l’acceptation des deux partis. Je ne dis pas que c’est facile, peut-être est-ce un idéal de ma part, penser qu’on peut vivre tous ensemble, cohabiter en paix.

J’ai appris ma leçon la première fois que j’ai fais nouvel an avec mon chéri et ses amis (dont un couple que je rencontrais pour la première fois). On parlait de la reine et puis j’ai voulu plaisanter en disant que la reine ressemblait à un homme sur les billets de banque. Pour un français, ça peut être drôle mais dire ça chez ce couple dont l’homme est royaliste, c’est offensant et je m’en suis pris plein la gueule à tel point que j’en avais presque les larmes aux yeux. Plus tard dans la soirée je l’ai pris à part et je me suis excusée. Je lui ai dit que je n’avais pas le droit de faire ça, sous son toit qui plus est. Que pour moi c’était une plaisanterie mais que je ne mesurais pas l’impact que ça pouvait avoir. Je lui ai dit “tu sais, n’oublie pas que je viens d’un pays où notre roi et reine, on leur a coupé la tête alors tu sais moi la monarchie, je ne sais pas ce que c’est”. Je pense que vous avez compris mon point de vue : l’adaptation et non l’imposition. Je pense que c’est cette peur de l’imposition ou même l’envahissement qui fait peur aux gens et qui les rend du coup “contre l’étranger”. La peur que la culture de l’autre efface la culture présente à l’origine. Et moi même je représente cette étrangère qui pour certains anglais (ou anglaises) est là pour profiter du gouvernement, “piquer” le travail des anglais ect.

Cet avis n’engage que moi. Ce que je dis va peut être choquer certains mais c’est ma vision des choses à l’heure actuelle. Je suis moi-même née en France, une mère russe (nationalité française mais dont les deux parents étaient russe et réfugiés politiques) et un père français. Je suis française, je suis blanche mais mes origines ne sont pas entièrement françaises. Aujourd’hui les gens qui sont 100% “pure souche “d’un pays ou d’un autre d’ailleurs, se comptent par poignée. En tout cas en Europe. Alors être “étranger” au jour d’aujourd’hui, la définition est très relative.

Ces filles, elles cherchaient à foutre la merde de toutes les façons en emmerdant le SDF. J’aurais voulu et dû les ignorer, passer mon chemin mais sans que j’explique pourquoi, elles ont touché un point sensible ce soir là et influencée par l’alcool que j’étais, je me suis sentie grande gueule moi aussi. Ce soir là, ces filles, j’ai cru qu’elles avaient raison et ça m’a fait très mal. Il est tellement difficile de savoir quand se taire et quand ne pas se laisser marcher sur les pieds.

En France, un mec qui m’accoste, qui croit qu’il me fait une faveur en me parlant et me disant que je suis mignonne, me traite 2 secondes plus tard de pute parce que non, je n’ai pas le temps de lui parler même dit avec un sourire, je ne dis rien. Je me laisse insulter parce que j’ai peur. Et ce n’est pas normal. Ça ne devrait pas arriver. Sauf qu’aujourd’hui, on ose plus intervenir parce qu’on vit dans un monde où, je ne sais pas si vous vous souvenez de cette histoire qui date d’il y a quelques années déjà, un homme va chercher le vélo qu’une bande a volé à son fils, il appelle pas les flics, il se dit qu’il va régler ça à l’amiable et se fait tuer. Pour un vélo. Par des jeunes. Et j’en passe sur d’autres meurtres de personnes qui sont intervenues pour sauver quelqu’un. Un ami à moi s’est fait agressé dans Paris alors qu’il travaillait dans la rue donnant des prospectus et traité de “sale français”. Non mais sale français, en FRANCE! Où vit-on?

J’ai entendu aussi , rapport à mon agression, “mais pourquoi t’as pris ce chemin? alors que vous auriez pu prendre un taxi!” Mais merde! Si on peut pas aller prendre le métro à 23h45 à Londres un samedi soir sans se faire agresser, y a un problème!

Qu’est-ce qu’est en train de devenir le monde?

 

Mon pied de nez

Quand j’ai vu la réaction de la France entière et du monde, je me suis sentie si fière d’être française. Pendant ces 4 ans ici, à force de voir la France ridiculisée aux informations, d’entendre “les français-ci, les français ça” “j’aime pas les français”, j’ai un peu honte de le dire mais je me suis fait toute petite. Ce n’est pas dans le sens où s’il y a un truc bien je suis fière et française et si c’est pas bien, je ne le suis plus. Non. A force de, on commence à s’oublier soit même. Peut être trop d’adaptation. Ça m’apprendra a faire de beaux discours!

En lorsque j’ai vu tout le monde dans la rue, je me suis sentie soutenue et part de quelque chose. Je sais bien que les gens ne sont pas descendus dans la rue pour moi mais quelque part, j’avais l’impression que ce pied de nez, on le faisait tous à des gens comme ces filles. Le monde unifié contre le mal, disant non à la peur, non à la transgression des droits de l’homme, à des coutumes françaises encrées depuis longtemps et à la liberté. Non à des gens gouvernés par la haine et qui répondent par la violence. Des gens qui se trompent de voie et qui le paieront un jour. J’en suis intimement convaincue.

 

Une agression :

Un agression, qu’elle soit verbale ou physique est traumatisante et ne doit pas être diminuée. J’ai eu des collègues qui m’ont dit

“alors…euh…il parait que t’as eu un pti problème, un pti truc sur le chemin du retour?”.

Non, pas un “truc”, une agression. Ou encore

“alors, il parait que tu t’es pris une claque un truc du genre?”.

Non, c’était une agression. On m’a arraché des cheveux, ça a saigné. J’ai des zones chauves sur la tête parce que des malades racistes avaient besoin de se défouler alors non, c’était pas une claque ou une altercation. Appelons les choses par leur nom, il s’agit d’une agression. Si elles m’avaient tabassé, j’aurais dit tabassé. Mais les gens, ils sembleraient ont peur d’employer ce mot.

 Mais certains ont compris et ils m’ont fait part des agressions physiques ou verbales dont ils ont été victime. Et c’est pour cela que j’écris cet article, pour moi en parler et peut être pour vous, partager.

Ne laissez pas les gens extérieur “rabaisser” ce que vous avez vécu, quelque soit le degré de vos blessures. Une blessure au cœur ça ne se voit pas, pourtant elle se sent. On n’oublie pas une agression, on apprend à vivre avec.

La conclusion

Ce qui m’est arrivé, j’ai trouvé ça injuste, je l’ai retourné dans tous les sens en me berçant de “et si”. La vérité, c’est que c’est arrivé pour une raison que je ne peux pas comprendre aujourd’hui car il est encore trop tôt. J’ai l’impression de bien aller alors qu’en écrivant cette article, je tremble et pleure. Mais je sais que j’en sortirai plus forte. Je me dis que ça aurait pu être tellement pire si elles avaient eu un couteau ou si elles s’en étaient pris à mon visage. Je suis chanceuse et j’en suis consciente. J’ai une bonne étoile. Au final, ce ne sont que des cheveux.

Ça leur retombera dessus un jour où l’autre. J’ai cherché à les retrouver par divers moyens. Cherché pour moi et pour les futures personnes qu’elles vont agresser car je suis sûre qu’elles ne vont pas s’arrêter là. Ça a échoué mais j’avais besoin de le faire pour me dire que je pouvais avancer, que j’avais au moins essayé. C’est à moi maintenant d’accepter ce qu’il s’est passé et de me pardonner aussi d’avoir fait ce que j’ai fait et pas fait peut être ce que j’aurais dû faire. J’ai au final été agressé verbalement tout d’abord, ai rétorqué par des insultes (pas très intelligent, certes), ai essayé malgré tout de partir. Les ai regardé me provoquer, provoquer mon chéri, le pousser. Et ma seule réaction n’était même pas une réaction violente. Mais des gens me diront quand même que je n’aurais pas dû faire ça. Je l’ai fait, il faut que j’apprenne à vivre avec et me dire que ce qui est arrivé n’était pas ma faute.

D’autre part, c’est une épreuve que nous avons vécu ensemble, avec mon chéri. Lui l’a très mal vécu ce sentiment d’impuissance. Et même si beaucoup de comprennent pas, le fait qu’il ne les ai pas frappé me fait l’estimer encore plus. C’était dans ce cas, la meilleure chose à faire.

Je ne pense pas qu’on vienne un jour à bout du racisme et de la violence mais on peut tous faire quelque chose pour les faire diminuer. Nous sommes Charlie et c’est ensemble, unis  que nous faisons une différence.

Il faut que ce qui se soit passé serve à quelque chose et laisser la situation de fond s’aggraver. Il faut arrêter les amalgames et trouver des terrains d’entente puisqu’il y a un malaise.

Notre pays se respecte et c’est à nous de montrer notre unité. Je suis française (et le resterai toujours dans mon cœur) et fière de l’être, vivant en Angleterre, un pays et des habitants que je respecte et que j’aime. Au final, je me dis que ces filles, c’est elles qui ne méritent pas d’être là car pour moi, l’Angleterre, les anglais, ce ne sont pas des gens comme elles.

Merci à ceux et celle qui ont lu cet article jusqu’au bout. Merci à tous ceux qui ont manifesté de quelque façon que ce soit leur soutien après les attentats. Vous avez été magnifique à voir de loin. A défaut d’avoir été parmi vous, j’ai moi-même baladé mon sac à main sur lequel j’avais collé “je suis Charlie”.

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires. C’est en toute humilité que je vous ai fait part ici de mon expérience. On ne sait pas toujours la portée qu’on nos mots et peut être que cet article va aider quelqu’un, je l’espère.

 Voilà mon adresse mail si vous préferez parler en privé : mesetageresenfranglais@gmail.com

 

 

What if…I talked about when my assault

Be aware, this is a very long article!
I did wonder for a while if I should publish it. Then what happened in France begining of january made me hold on. If I publish it now is for 3 reasons : first because I need to talk
about it, then because maybe it can help someone else and finaly because what happened
after the events in France helped me and I would like to tell you about it.

What happened : my assault

It is now just over a month, the night of the 20th of december that I have been victim
of an assault in London, coming back from my work Christmas do. It was 23.45, we had to hurry because we had to catch the last train. To get to the tube, we had to take the underpass at the level of Hyde Park.

Arrived at the underpass, I see at the bottom a homeless man with two people standing above him but I don’t pay attention to what they are saying. My boyfriend, on the
contrary heard everything and they said to that man “why are you in the street?WHY?” on
an aggressive tone as if he had the choice between a flat and the street…So we keep
on walking but my boyfriend says out loud to me something like “oh come on, get on with it” basically meaning leave him.

At the end of the underpass, at the bottom of the stairs was a young woman who started to
say “why are you slagging my mates? why are you slagging my mates?”. So my boyfriend
starts to argue with her saying that they should leave him alone that he had enough on his plate without them having to instead of bothering him.
I start to walk up the stairs telling my boyfriend to come on that we had to take the tube
and was, I must say, a bit pissed off about how it was turning although he was right but I
could see the tone on both parts getting angrier. A woman was walking up the stairs at the
same time and followed what happened and said “leave her alone, she is crazy” hearing
what the other one was saying. So my boyfriend starts walking up and she started to provoked us.

“yeah, f…off go to see your girlfriend, she doesn’t belong, she has an accent,
she is a FOREIGNER, f…off!!”

And there, I’ve left it hurt me, like a knife. I thought that after more than 4 years, trying to find my place, I had visibly failed and still wasn’t accepted.

Even the woman walking up turned around and said “what???” so shocking it was and
said “leave her, she is not worth it”. But the other one kept on and on. I became suddenly so angry and started shouting so what if I have a f…accent, and I started to use the C word (to show her how well I knew HER language?). I am not proud of it but swearing comes quicker than wit especially after a few drinks…

She was provoking, telling me to come down the stairs to tell her face to face and I was
telling her to come up (so brave and loudmouth I felt with the alcohol). Like the little thug she was she waited for her friends to catch up to come up the stairs to provoke again while we were walking away.

“f…off you don’t belong, you don’t pay your taxes. You are a FOREIGNER, F… off!”.

And I walked straight in it. Shouting back that I worked here, feeling that I had to justify
myself and I had the right to be here. I tried to take my boyfriend’s arm to take him away telling him she didn’t worth it.

Her friends were drunk, well at least one and started to get involved saying “why are you slagging my mates!” which didn’t help. My boyfriend was trying to circle them with his arms, protecting me because they kept on and on. So much hatred and they started to poke him and push him to get to me. There I was getting so angry and I just wanted them to shut up. Just to SHUT UP. I swear, getting that flow of insult and hatred and not reacting was very difficult but I didn’t want to hit them. Instead, I went to cover her mouth, to the mouthy one because I couldn’t take it no more. And it is what started them. Although I think it was a matter of minutes till one of them would have done something anyway. They pushed my
boyfriend and I was pushed against the wall, the weight of 4 people on my chest, enable to move, screaming “don’t touch my mate!”.

One grabbed my earing and was about to pull when I manage to get my hand out and plead “nononono” because I knew that if she pulled, my lobe would be ripped. While the other two were pulling my hair by the handful.

From that moment, I didn’t do anything. I remember thinking that it didn’t hurt (at the time). I remember thinking that I could use my heeled shoes in the plastic bag I was holding to defend myself. I remember the feeling of them pulling my hair and seeing everything without being able to stop them. I was full of anger but shock and fear paralized me. My boyfriend was turning his back to me and was trying to push them away, telling them to stop but couldn’t see what they were doing. He refused to touch them till the end.

Then my memory jumps. There is a gap. I just see myself trying to protect my face, still not able to defend myself, still paralized. Two of the girls were still pulling my hair and at some point grabbed a lot and pulled. I remember shouting by fear, by panic, by pain maybe. I managed to free myself and I see her again, the mouthy one brandishing what look like a ponytail of my hair in her hands and telling me to f..off. I went to put my hands where
they pulled the hair and I looked at them, at her in horror. I thought that if I wasn’t to leave right now, I didn’t know what they would be capable off. All I could think of was to leave.

So between screams and sobs, holding my head, I left. I remember thinking of my boyfriend that I was leaving there, selfishly but thought that I would find him later, there it was about survival and finding someone. I walked not even 10 feet away and I saw a police car. I ran to it, not able to see if there was someone in there or not and holding some pulled hair in my hand, I banged on the window like a crazy women saying “help, please, help us, we are being
assaulted”. The young policewoman with her colleague went out of the car and ran to where I told them, me running behind. But they were gone and my boyfriend too.

He told me later that the mouthy one holding the ponytail said “there” violently giving him to him on the chest “you give that to her”.

The cops started to tell me “we gonna take your account of what happened” and I was nearly yelling at them “they are still there, go after them they can’t be far!!”I couldn’t believe they wanted me to tell them like that when there was still a chance to find them. He asked me in which direction they went and I indicated what seemed logical to me as they followed us but in fact my bofriend arrived after the cop went after them and he said “but they didn’t go that way, they went that way”. It is useless to say how gutted I was and angry at myself to give
the wrong direction.

The young policewoman made me sit down on a bench. I was shaking from shock and cold, crying and while I was explaining, I could see my hair on the floor by handful and was saying to her “that’s my hair there, that’s my hair!!”.

The cop who went after them came back and said they were gone. Three young women white english, in their 20-30’s, the one who tried to pull my earing, I didn’t see her face. I mean, it just didn’t register in my memory. The mouthy one, the angrier of the 3 was pretty, blonde, all dolled up in her puffer cream coat and the other one, the drunk one was brunette, hair above the shoulder with a hat. He said there wasn’t any camera in the area and said “that’s a shame, we were just there!”….Yes…that’s a shame…

I just go quickly on the rest. We missed our train. The cops took us to victoria to see if there was another train but as the service was finished they took us to a hotel to spend the night there waiting for the train in the morning.

After :

It hurt for a few days and I could feel the cold on the bold places. It felt like it was burnt. I was leaving on the sunday later on for France to spend the Christmas in my family. I was in another world, between anger and shock. I called my mum telling her what had happened. She said to me later on that as soon as I started to talk, she said she recognized straight away the shock in my voice that she hears so often with her patients (she is a psychiatrist).

I wasn’t able to wash my hair properly for more than 3 weeks to let my scalp the time to heal. Because yes, hair grows back but not on scars. So it was important to be careful. I wore gloves that you can find at the chemist at night to avoid scratching. I have 3 zones concerned. Two on the top and one under the layer of hair so it is not that visible. And I do my hair accordingly so it doesn’t show.

I thought I was better for two weeks. I even managed to laugh with some friends about the fact that I felt I was like those men who comb over to hide. And then 2 days before starting back at work after the holidays I started to have migraines. The first morning back to work I just worked myself up knowing that I would see everyone that I last saw that night and I would have to talk about it. So when someone asked me how I was, I tought I had things undercontrol but instead I just burst out into tears. My migraines are still here (3 weeks now…), in average every 2 days, once or twice a day. It is annoying but it is my body speaking for me. Give time to time. And then, the 7th of january, things changed.

The horror of the 7th of january :

When I saw what happened in France, I thought “what world is it where someone can be
assaulted in London for an accent and in Paris for drawings?”. And then those attacks on
muslims, mosque…I wanted to scream. I lost hope then and cried a lot.

Was I wrong to cover the mouth of the mouthy one? Probably I shouldn’t have touch her. But
a hand on the mouth doesn’t justify their answer. As well as a drawing, as offending it is to muslims (and other religions), doesn’t deserve such a horrible response by the terroristes.

It made me put things into perspective and I tought that in then end, what happened to me
wasn’t that important. Important to me but not important to the scale of that. I thought of the horror of all those people have been through, knew the victims or where there and it touched me really deeply.

And then France had this reaction, wonderful reaction. The world even!

Racism :

For over 4 years now I leave here. I leave here, work here, contribute to the economy, share
my culture with the ones who want to but most of all, I try to fit in. Because for me, arriving in a new country, it is to embrace a new culture without imposing our own or at least it must be clearly accepted, in agreement and good will. It is about how to adapt. It is not always easy because of the differences and although France/England doesn’t seem that far appart, there are some differences trust me! But when someone makes the choice of going to leave somewhere else, the least they can do is to follow the rules of that country. It doesn’t mean bury your own culture but it is about to learn how to leave according to their culture. It’s like being invited to some friends: you are not going to put straight away your kind of music and put your feet on the furniture if you haven’t been invited to on the pretexte that that is what you do at home. Like you can’t visit a church in Italy with uncovered shoulders, well, then you just cover them. Like women covering their hair in Russia during mass. You don’t need to be catholic or orthodoxe to follow the rules, it is so so you do so. Culture evolve anyway but it needs to be accordingly to everyone. I am not saying it is easy and maybe it is really naive of me to think that we could all coexhist together in peace.

I learned my lesson the first time I did a new year’s eve with my boyfriend, we went to
his friends that I was meeting for the first time. We were talking about the Queen and as a joke, I said she looked like a man on the bank notes. Now, sorry my dear english readers. For a french person, we take the piss out of everyone of our government. This is not an excuse, I know. But let me finish the story. So that friend just burst out of anger telling me off for saying those things so much that I didn’t know where I was anymore and was next to tears. Because what I didn’t know is that I was facing maybe the most keen on the Queen english man there is. Later on that night I took him apart and apoligies to him saying that it was meant to be a joke, that it had nothing to do with her personnaly and I shouldn’t have said that especially under his roof. I said “you know our king and queen, we cut their head off so I don’t know what it means having a queen”. You understand my point of view : adaptation and not intrusion. I think it is that fear of intrusion or even invasion that makes people being “against” the foreigners. The fear to see their own culture diminished to the profit of the others. And I represent that foreigner for some english people who think I am here to take profit of the government, being on benefits, stealing jobs, I don’t know.

This is only my opinion. Maybe it shocks some of you. It is what I think right now. I am myself french but with a russian mum (french nationalty but her parents were both russians) and a french dad. I am white but my background is not only french. Nowadays people being a 100 % from one origin is rare, well at least in Europe so the notion itself of being a foreigner is very relative.

Those girls, they were looking for trouble anyway being already after that homeless man. I wish I could have had ignored them, walk away but without me being able to fully understand, they touched a sensitive point that night, in addition of the alcohol, I felt loud mouth me too. That night, I thought they were right and it deeply hurt me. It is so difficult to know when to walk away with dignity and answer back when needs to be.

In France, a guy who stops me in the street to tell me I am pretty one minute and tell me
the next that I am a slut because no, I don’t have the time (or the will) to talk to him, even said with a smile, I don’t say a word back. I let them insult me because I am afraid. And that’s not normal. It shouldn’t be so. But you see, nowadays we don’t know what to do and we are scared. Like that man in France few years back who went to a group of teenagers whom he knew were responsible for the theft of his son’s bike. He just wanted the bike back, not involving the police. What happened? He got killed. By those teenagers. And I don’t even talk about the amount of murders of peolple who got involved trying to save someone. A friend of mine got assaulted once while he was giving out flyers in the street and was told “fucking french”. Fucking french in FRANCE! What world are we leaving in?

I heard as well regarding my assault “why did you walk there, why on earth didn’t you take
a cab?”. Why? Because I didn’t think being with my boyfriend in Hyde Park at 23.45 on a saturday night, which is not late for London I could be assaulted, that’s why!

My nose thumb :

When I saw the reaction in France after the attacks and even the world, I felt so proud of being french. For 4 years now, after seing the country being ridiculised, hearing we don’t like french people, french people this, french people that, I am a bit ashamed of saying it but I got a bit quiet. I am not saying that in the way: if something is good I am french but I am not if it’s bad. It isn’t but to try to find my place so hard I think I forgot myself a bit. It will teach me to say all this stuff about integration!

And then, when I saw everyone in the street, I felt steadier and somehow, part of something.
I know, people were not in the street by solidarity with me but I felt that what people were doing was doing a nose thumb to all the people like those girls. The world unified against the bad, saying no to fear, no to the breaking of the human rights, to old french customs and to freedom. No to people govern by hatred who answer with violence. People who are taking the wrong path and will pay one day, I am certain of it.

An assault :

An assault, either verbal or physical is traumatising and shouldn’t be minimized. I have some colleague who said to me
“so…you had a bit of a…thing going on on your way back?
No, not a “thing”, an assault. Or else
” I heard you got slapped or something?”
No, it was an assault. I got my hair pulled out, it bled. I have bold places because those mental racists wanted a victim to let their anger onto so it wasn’t a argument, it wasn’t a slap. Let’s call things by their name, it was an assault. If I got beaten up, I would have said beaten up. But it seems some are reluctant to use that word.

But some understood and told me about their stories of assault, verbal or physical. And
that’s why I am writing this article. To talk about mine and maybe for you to talk about
yours.

Don’t let people minimize what you have been through, no matter what injury you got or not.
A heart blow isn’t visible but it doesn’t mean it’s not there. You don’t forget an assault, you learn to leave with it.

The conclusion :

What happened, I thought it was unfair. I thought about it again and again, cradling some “what if”. The truth is it happened for a reason that I can’t understand right now because it is too soon. I thought I was better when writing this article, I am shaking and crying. But I know that in the end, I will come out of it stronger. I appreciate the fact that it could have been a lot worse (like they could have had a knive, getting to my face). I am lucky and I have a lucky star. In the end, it is only hair.

It will come back to them on day. I tried to find them by differents ways. For me and for
the next people they will assault as I am sure they won’t stop there. I failed finding them
but at least, I can move forward thinking that I tried to. It is to me now to accept what happened, to forgive myself for what I’ve done and what I haven’t done. In the end to
sum up I’ve been insulted and assaulted verbally to which I answered (not my cleverest move), tried to walk away, saw them provoking, pushing my boyfriend and my only reaction is not even violence. But I will still have people telling me I was wrong to do that. Well, I did
it and I’ve got to live with it and I’ve got to keep on telling myself that what happened wasn’t my fault.

On another ground, what happened made us closer with my boyfriend. He leaved very badly
the fact of feeling useless and powerless. Even if a lot won’t understand, I do and the fact
he didn’t hit them makes me estimate him even more. It was the best thing to do.

I don’t think we will one day come to an end with racism and violence but we can all do
something to make it diminish. We are all Charlie and it is together that we make a difference.

We need to not let what happened in Paris falls to oblivion and let the situation get
worse. We need to stop the mixture and find a way to exist all together in peace.

Our country must be respected and it is down to us to show our unity. I am french and will
always be in my heart, proud of being french and happy to live in England, a country I love and respect. In the end, those girls, they are the ones who don’t belong because I know
they don’t represent the England I love and I don’t think they deserve being in England.

Thank you to all of you who read that article to the end. Thank you to everyone who went in
the streets and the support. You have been wonderful. I wasn’t in the street but was showing off my bag on which I sticked a “Je suis Charlie” paper.

Feel free to comment. It is in all humility that I share with you my experience. We don’t always know how what we say can reach people and I really hope it might help someone. This is my email address if you want a more private word : mesetageresenfranglais@gmail.com

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18 thoughts on “Et si…je parlais de mon agression/What if…I talked about my assault

  1. Il faut du courage pour en parler et c’est vraiment admirable. J’espère que ton article touchera des gens et pourra aussi t’aider toi parce que c’est important de pouvoir en parler et de prendre du recul.
    On ne comprendra sans doute jamais complètement ces gens, on ne peut que faire des suppositions et espérer que d’autres ne seront pas touchés!

    • Merci 🙂 ( et merci pour ta lecture!)j’espere aussi que ca touchera et parlera aux gens. Et non tu as raison, je ne les comprendrais jamais. L’important c’est qu’ils restent toujours en tout petit nombre et que nous de l’autre cote, on soit plus forts!

    • Merci 🙂
      Ecrire cet article a ete eprouvant mais ca m’a fait du bien et j’espere que ca aidera peut etre quelqu’un. Merci de ton soutien 🙂 ( et bravo pour l’avoir lu parce qu’il est looong cet article!)

  2. Such a frightening experience, well done for trying to make sense of it and having hope, they are rogue elements who hate foreigners and don’t represent the majority, don’t let their views affect your own, even the media tends towards the more sensational, the average person is supportive of those who make a hard working contribution to society and we all learn so much from those counter cultural experiences.

    The British love their royals and its not hard to adapt to their way of seeing things, particularly as they represent something that generally brings joy and smiles in an increasingly negative world, but I had to express surprise when I came to live in London and discovered that her birthday is not a public holiday as it is in New Zealand! And it’s always on a Monday 😉

    I wish you courage in healing from the shock of this experience and a beautiful 2015 to replace the memory.

    • Thank you for reading my article and taking time to comment on it. Yes, I agree with you, there are some rogue elements out there and thankfully, they are only ( I hope!) a handful of them because all the other english I met are not like those young women were. I did hurt me (what they said) but I now see that they really are the ones who don’t belong.
      You youself maybe thought of your own sense of integration as you have been through that (didn’t know about New Zealand to England) but from England to France. It is so interesting to discover another culture and as you said, we all learn so much from our counter cultural experiences.
      Indeed it is strange for the Queen’s birthday, how is it so then? The joke I made that night, I never did it again haha, learned my lesson! And since then I saw the events of the jubilee and found it wonderful that so many people support, worship and admire the Queen. I wish actually that there could be that faith in a high person in France, someone who could inspire so many feelings. You are right, she does bring smiles and joy to people. And of course, I do envy her 2 birthdays! 😉
      Thank you again for your kind words. I am sure 2015 is preparing loads of good surprises for me. I wish the same to you!

  3. La différence fait peur et c’est triste à dire mais j’ai l’impression que c’est immuable …
    Mais ça n’excuse en rien le comportement de ces filles et une telle violence.
    En tout cas je t’admire d’en parler c’est souvent très dur car ça fait revivre une nouvelle fois le drame.
    Tu as tout mon soutien ❤

    • Merci pour ton commentaire 🙂
      Oui je pense qu’il y aura toujours des gens comme ces filles malheureusement et ca dans tous les pays. Qu’il est difficile de faire ouvrir les yeux a des gens obtus!
      Bref…
      Pour te repondre oui ca a ete difficile de l’ecrire cet article mais c’est important d’en parler. Parfois ca prend du temps ( dans mon cas, seulement pour l’ecrire, pas pour en parler je suis une piplette haha). C’est important pour soi mais aussi pour denoncer haut et fort cette violence ( a commencer par la violence verbale d’ailleurs!).
      Merci pour tes gentils mots et ton soutien, ca me touche beaucoup.

  4. J’ai lu l’article jusqu’au bout et me voici sans mot… tu a été très courageuse d’en parler. Que les gens sont durs aujourd’hui… ils ne réfléchissent plus… ils tapent, ils crient, ils insultent…. on évolue dans une jungle… dans un monde d’apriori et de clichés… mais tout cela cache une souffrance profonde. Je t’embrasse.

    • Bravo a toi aussi d’avoir lu l’article jusqu’au bout 😉 Je vois la journee s’avancer et moi qui avait si peur en publiant cet article, je ne lis que des commentaires de gens atteres et de soutien. Ca me touche vraiment.
      Je ne suis pas toujours courageuse dans la vie mais derriere l’ecran c’est plus facile. Je pense aussi qu’il est important d’en parler pour moi, pour d’autres et d’etre entendue.
      Tu exprimes tres bien ma pensee, certains sont tres durs. Et je suis tout a fait d’accord avec toi, il y a un malaise, il y a une souffrance, des malentendus, des aprioris et j’espere de tout coeur que la situation va s’ameliorer a defaut de se resoudre completement car cela me parait impossible.
      Un jour ces gens comprendont. Mais ils comprendont pas tout seuls d’eux meme. Du moins je ne pense pas.
      Merci encore d’avoir partage ton avis 🙂

  5. Hello Catherine, je viens de lire ton article… jusqu’au bout ! Je t’admire de l’avoir écrit, je pense que ça a dû te faire du bien de mettre des mots, de les écrire. Je suis remplie de compassion pour ce que tu as traversé. Vivre cela + les journées d’horreur autour des attentats, ça n’a pas dû être facile… je te souhaite de retrouver ta sérénité, je sens que tu es quelqu’un avec une grande vitalité et je suis sûre que tu vas aller de l’avant. Sans oublier. Merci d’avoir partagé tout ça avec nous ! Grosses bises

    • Merci d’avoir tout lu, c’est pas rien!
      Ca m’a effectivement fait du bien et quelque part, ça m’a permis d’aujourd’hui, moins y penser. Parce que je sais que le récit est là, écrit quelque part, comme d’une chose dont on se délaisse pour se sentir plus léger.
      Janvier a été dur pour tous les parisiens et les autres aussi. Que cela ne devienne pas qu’un mauvais souvenir mais une force pour changer, j’espère!
      Merci beaucoup pour ton soutien 🙂 grosses bises

  6. Je ne te connais pas beaucoup mais j’ai tout lu parce qu’une agression ce n’est pas rien. On ne la résume pas comme un livre ou un film. Tu as eu du courage d’en parler, tu es lucide sur ce qui t’est arrivé et le choc va s’estomper. Tu as raison de dire qu’il faut aussi apprendre à s’intégrer mais je crains que ceux qui ont tué à Charlie Hebdo ne rejettent notre culture et ce que nous sommes… Heureusement c’est une minorité mais une minorité qui fait mal… A bientôt !

    • Merci Asphodèle d’avoir lu mon article en entier!
      Le souvenir de l’agression s’estompe. Il restera toujours un petit quelque chose mais quelque chose de vivable heureusement.
      Je suis tout à fait d’accord avec toi concernant les assassins de Charlie Hebdo, ils ne cherchent pas à s’intégrer car pour eux notre culture n’est pas celle dans laquelle il faut vivre. Ils vivent dans l’imposition, la violence et comme tu le dis, nous rejette totalement. Une minorité qu’il ne faut pas laisser s’agrandir et garder sous contrôle. On ne peut pas et ne pourront jamais s’entendre avec ces gens là, les comprendre. Lorsque je parlais d’intégration, je parlais d’une rencontre entre deux cultures en général, d’immigrés qui arrivent dans un nouveau pays (en prenant mon propre exemple). Ces assassins sont complètement à part, dans une autre catégorie; ne fonctionnent pas comme êtres humains. Ils en ont le corps mais pas la conscience.
      En tout cas bravo pour avoir participé à la video des 33 bloggeurs, nous avons tous besoin de nous souvenirs et tous besoin de nous rappeler que nous somme Charlie hier, aujourd’hui et demain. 🙂

  7. Je tombe sur ton article (en entier) et je ne sais pas quoi dire… C’est aberrant comme les gens deviennent mauvais et agressif (et comme le dit ton chéri, s’en prendre à un SDF c’est déjà écoeurant, c’est le genre de filles pourri gâté qui ne savent rien de la souffrance et du manque… J’aurais moi aussi été incapable de passer et de ne rien dire). Je comprends tout à fait que tu sois mal, c’est un traumatisme et bien sûr il y aura toujours quelqu’un dans ton entourage qui ne le comprendra pas (les gens ont en général du mal à comprendre ce qu’ils n’ont pas eu même vécu malheureusement) mais toi tu dois le voir de cette façon là et te faire aider (surtout si ta mère est psychiatre, elle saura te conseiller et t’indiquer une personne de confiance puisqu’elle même ne peut le faire puisqu’elle est ta mère). Je suis de tout coeur avec toi et je t’embrasse très très fort… Il te faudra du temps alors fait toi chouchouter par ton entourage et ta famille… Je te souhaite bien du courage (mais dis toi qu’un jour le souvenir sera moins douloureux)

    • Merci pour ton passage et ta lecture de cet article ma foi, un peu “a part”. D’autant que je sais que tu as toi même tes batailles à livrer alors ça me touche beaucoup ce que tu dis.
      D’avoir écrit cet article m’a fait me sentir beaucoup mieux, et d’avoir ces commentaires si gentils aussi. Je me sens beaucoup mieux maintenant. Plus de larmes. J’ai mis ça dans un coin, de côté, pour m’en servir comme force le jour où j’en aurais besoin. Le souvenir est effectivement moins douloureux car moins vivide à l’esprit et je continue d’apprendre à vivre avec lui, à apprivoiser la sensation du vent sur les zones sans cheveux (ca repousse, enfin je crois, mais ca va prendre du temps).
      Je continue à penser que j’ai eu de la chance ce soir là et que ce n’est pas moi qui ai à vivre avec la culpabilité (qui peut survenir des années après d’ailleurs). Il faut voir le bon côté des choses et mon optimisme est revenu.
      Merci encore pour ton message 🙂 et courage a toi aussi pour ce que tu traverse

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