Blonde de Joyce Carol Oates

SCROLL DOWN FOR ENGLISH VERSION !!!

( fait partie du challenge ma PAL fond au soleil )

Pages : 1110

Langue originale/Original language : English/Anglais

Obtenu/got : Acheté en France (cadeau de Noël)

Lu en/ Read in: french

English title: Blonde

English cover

n23130

Mon appréciation :

Beaucoup beaucoup aimé. Pendant près de 3 semaines j’ai “vécu” Marilyn.

L’histoire en bref:

Euh…Marilyn Monroe, ça ne vous dit rien?

(commérages) “Il parait qu’elle était sale et qu’elle se lavait pas. “”haaa mais c’est dégueu!”

“Il parait que tout le studio lui était passe dessus, une vrai s…!”

“De toute façon, ce n’était qu’une povr’fille, complètement droguée la meuf”

Toutes ces charmantes histoires sur Marilyn Monroe, on les as tous entendues. Mais n’était-ce pas que jalousie? Racontars d’Hollywood? Incompréhension de cette femme? Qui était-elle, cette femme souvent plongée le nez dans un bouquin et qui écrivait de la poésie?

Il s’agit ici d’un roman fiction/historique qui ne relate ( ce n’est pas véridique) la vie de Norma Jean Baker depuis son enfance à la transformation en Marilyn Monroe jusqu’à sa mort.

Mon avis :

Un long article pour un long bouquin 😉

Un must read pour les fans de l’auteur et/ou de l’actrice. Ce livre est une petite pépite et nous fait découvrir qui était Norma Jean. Joyce Carol Oates insiste dans un avant propos que ce livre est une fiction. Certes il reprend des points clés de sa vie mais l’histoire qu’elle crée autour, ou certains personnages, sont invention. Qu’à cela ne tienne, on devient tout de même accro à l’Histoire déguisée en histoire.

L’enfance de Norma Jean a été ce qu’elle a été. Dure. Une mère malade mentale, un enchainement de foyers ( avec plusieurs abus), un passage à l’orphelinat, un point d’interrogation concernant son père, nous sommes loin de l’enfance dorée qu’on pourrait imaginer. Dans ce roman, Joyce Carol Oates ne reprend que quelques points de son enfance et lui crée une autre adolescence en l’adoucissant alors c’est sans mal qu’a de la peine pour la petite Norma Jean et qu’on imagine les répercussions à l’age adulte. Moments clés qui sont finement choisis et menés par une main de maitre.

Une petite qui est sensible, qui jouait du piano, écoutait la poésie que lui lisait sa mère et qui au lycée, écrivait elle même des vers qu’elle montrait à son prof. Elle n’a pas terminé ses études, s’est mariée puis a divorcée. Devenue modèle elle enchaine des petits contrats puis tout retombe. Elle a la vie dure, pas d’argent et ne sait comment faire pour percer mais elle a de la volonté. Cours d’art dramatique, elle fait tout pour réussir. De petite apparition dans un film (dont sa scène sera coupée au montage) elle devient cette étoile découverte car elle était bien là tout le long cette étoile mais elle ne brillait pas encore. Puis Marilyn est née. Blonde, pulpeuse et sensuelle, sexy à tomber par terre. Mais Norma Jean n’aime pas Marilyn car Elle n’est pas elle. Norma Jean a son amie dans le miroir à qui elle se confie et qui lui donne de la force. Marilyn n’est qu’un autre personnage que Norma Jean doit jouer mais au fur et à mesure, elle se rend compte que ce que veut le public, c’est Marilyn, pas elle. Une Blonde sexy ne doit pas se montrer avec un livre, une blonde sexy se doit d’être belle et de se taire parce qu’après tout, on ne lui demande rien d’autre! Savoir jouer? Oh, c’est accessoire, tant qu’elle remue son cul dans sa robe cousue sur elle, c’est emballé!

Malheureusement, à trop faire taire sa vraie personnalité ( que cela soit un choix ou non), les conflits intérieurs sont inévitables. Mêlés à une recherche perpétuelle de la perfection et du bonheur, n’importe qui perdrait la boule. Norma Jean la penseuse qui doit être Marilyn puis Rose, puis Lorelei (personnages des films dans lesquels elle joue) mais où est Norma Jean? Qui est-elle? Pourquoi personne ne l’aime et ne veut d’elle? Imaginez un peu si vous deviez complètement changer de nom, pas seulement le nom de famille lorsqu’on se marie mais notre prénom aussi. Nous somme nous à travers notre prénom qui nous colle à la peau et qui nous a défini depuis notre naissance. Serais-je la même si mon nom était différent ou changeait? J’aimerais pouvoir dire non mais un autre prénom appelle une autre personne. Et alors qu’adviendrai-t-il de moi? Où est la limite entre soi-même et un personnage si les deux se confondent?

Je l’avais vu avec Nous étions les Mulvaney, Joyce Carol Oates est de ces auteurs qui explorent tous les sentiments humains dans les personnages qu’elle créer et Norma Jean est sans doute un des plus complexe qu’un auteur puisse imaginer. Sa façon d’écrire vous entraine et vous fait voir tous les points de vue. Vous devenez omniscients car vous savez ce que le photographe a pensé, puis Norma Jean, puis l’amant puis de nouveau Norma Jean et ainsi de suite. Tout est axé sur Norma Jean, même ses célèbres maris ne sont pas nommés par leur vrais noms mais des appellation ” l’ex-sportif”, “le dramaturge”.

Cela a beau être une fiction, la femme que j’ai découverte dans ce livre qu’était Norma Jean était en fait, je l’ai compris après, celle que je souhaitais qu’elle soit ( et qu’intérieurement j’avais imaginé) et non celle des racontards. Une femme magnifique, sensible, fragile et forte à la fois, intelligente, douée pour la comédie malgré les doutes de certains. Une femme qui a eu la vie dure, cherchant l’amour toute sa vie, peur d’être seule, cherchant un père à travers ses amants, devenir mère, doutant de la valeur de sa propre vie et de sa légitimité d’exister. J’ai beaucoup éprouvé pour elle en lisant ce roman et au bout de ces 1110 pages (que vous ne verrez pas passer d’ailleurs), elle devient presque notre amie. On a envie de la rassurer et de lui dire qu’on est là, qu’on a lu tout ce qui lui est arrivé et qu’on ne la voit pas comme Marilyn. Car si maintenant je la vois comme Norma Jean, avant, je ne m’étais pas posé la question “oui oui Marilyn Monroe s’appelait avant Norma Jean”. Comment ça avant? Norma Jean elle est née et Norma Jean elle a toujours été. Marilyn n’était que façade (au départ). D’ailleurs, pour bien nous le faire sentir, Joyce Carol Oates utilise plusieurs appellation de Norma Jean la nommant parfois “l’actrice blonde”, utilise parfois des guillemets pour “Marilyn” pour accentuer le fait qu’elle n’est qu’une invention de Norma Jean. Elles étaient comme deux personnes habitant le même corps.

p 779 ” cette fille blonde était-elle “Marilyn Monroe”? ou ressemblait-elle seulement, à la façon d’une soeur plus jeune et inexpérimentée, à l’actrice fameuse/infâme de Hollywood? Lorsqu’il viendrait à mieux connaitre l’Actrice blonde, le Dramaturge serait stupéfait de constater que, quand elle ne souhaitait pas être reconnue, elle l’était rarement, car “Marilyn Monroe” n’était qu’un de ses rôles et pas celui qui la passionnait le plus.”

p 894 “Le Dramaturge avait remarqué (…) que les femmes éprouvaient souvent de la sympathie pour Norma. Alors que l’on se serait attendu à de la jalousie, de l’envie, de l’antipathie, elles se sentaient une curieuse parenté avec Norma, ou “Marilyn”; se pouvait-il que d’une certaine façon, en la regardant, elles se voient? Une forme idéalisée d’elles-mêmes? Un homme pouvait sourire d’une telle erreur d’appréciation. Une illusion, ou de la confusion mentale. Mais que sait un homme? “

p 964 ” Monroe voulait être une artiste. Elle était une des rares que j’ai rencontrées à prendre toute cette merde au sérieux. C’est ça qui l’a tuée, pas le reste. Elle voulait être reconnue pour une grande actrice et en même temps être aimée comme une enfant et on ne peut pas manifestement avoir les deux. Il faut choisir ce qu’on désire le plus.”

Je peux comparer ce roman à un récit historique Marilyn et JFK de François Forestier que j’avais lu il y a plusieurs années et qui déjà m’avait bouleversé et rapproché de Norma Jean ou plutôt Marilyn a l’époque car la vraie personnalité de Norma Jean n’y est pas référé de la même façon. C’est un livre qui est écrit de manière journalistique. Les faits sont les faits et la mort de l’actrice qui a fait controverse y est décrite dans une théorie ouverte. Ici, dans Blonde, on sent le propre attachement de Joyce Carol Oates à Norma Jean et sa prise de parti. Ici on a pas envie de la voir partir même si on sait que dans un sens, c’est d’une part inévitable car on ne peut pas changer le passé mais aussi parce que cela sera une délivrance pour elle car elle souffrait beaucoup.

En conclusion un livre à lire et à garder sur ses étagères. Un livre qui ne vous fera voir l’actrice Marilyn Monroe et la femme Norma Jean sous un autre angle. Et si comme moi cela vous donne envie de visionner tous ses films, alors on se retrouve pour nos commentaires! 😉

Je vous laisse découvrir un article d’Aaliz qui a su décrire exactement ce que j’ai ressenti.

 Blonde de Joyce Carol Oates

n23130

My liking :

Really liked it. For about 3 weeks, I “lived” Marilyn.

The story in short :

Hum…hello! Marilyn Monroe, doesn’t ring a bell?

(gossips) ” apparently she was really dirty and didn’t wash” “huh! that’s disgusting!”
“The entire studio fucked her anyway, a real s…!”
” Nevermind that she was just a looser, completely stoned all the time the bird”

All these charming stories, we all heard them. But wasn’t it jalousy? Hollywood gossips?
Misunderstanding of this woman? Who was she, often with a book on her lap and writing
poesy?

This novel is a fiction/historical book without sticking exactly to the real facts of Norma Jeane Baker from her childhood to her transformation in Marilyn Monroe to her
death.

My opinion :

A long review for a long book 😉

A must read for any fan of the author and/or the actress. This book is a jewel and
we discover who was Norma Jeane. Joyce Carol Oates insists in a forword that this novel is
a fiction. Indeed there are some key points of her life that she tooks without sticking
to everything true to her life. Nonetheless, we still get hooked by History disguised
in a story.

Norma Jean’s childhood has been what it was. A mum mentaly ill, fosters home after fosters
home (with abuses), ophanage, an unknown father, we are far from a golden childhood.
In this novel Joyce Carol Oates takes only a few things from her real childhood and create
a softer teenagerhood and already we feel for the little Norma so it is not difficult to imagine how it affected her adult life. Key points which are cleverly selected and used by the hand of a master.

A little girl, sensitive who played the piano, listened to poems that her mum read to her,
who in high school was writing herself showing it to her teacher. She didn’t finished her graduation, got married and divorced. She became a model and has little contracts then
everything goes pear shape. Life is hard, she is pennyless, doesn’t know how to get to the top but has a strong will. Drama lessons, she tries everything to succeed. From a small
glimpse in a movie (where her scene will be cut) she becomes this new star because this star was there all along but wasn’t shining yet. Then Marilyn was born. Blonde, sensual and so sexy. But Norma Jean doesn’t like her because she is not her. Norma Jean has her friend in the mirror from whom she takes her strength. Then she realizes that the public wants Marilyn, not her. A sexy blonde shouldn’t have a book in her hand because she is only there to be pretty. We don’t ask her anything else! Acting? Is that a joke?
She doesn’t need to! All we ask her to do is to keep on swinging those hips in her tight dress sown on her.

Unfortunately, in keeping down our own personnality too much (by choice or not), internal
conflicts are unavoidable. Mixed with a look for perfection and happiness, anyone would
loose it. Norma Jean the thinker who has to be Marilyn then Rose, then Lorelei (characters
she played), but where is Norma Jean? Who is she? Why doesn’t anyone love her and want her? Imagine if you had to change your name, not only your family name when you get married but your first name as well. We are named from our birth and all along we are that person. Would I be the same if I was named differently? I would like to say no but another name refers to another person and in that case, what would become of me? Where is the limit between ourself and a character if both of them are mixed together?

When I read we were the Mulvaneys, I saw that Joyce Carol Oates was one of those writers
who explore human’s feelings in the characters she creates and Norma Jean might be
one of the most complex character an author could imagine. Her writing takes you in the
story and you can see and hear everything. You know what the photographer thought, the
lovers, Norma Jean and so on. Everything is focused on Norma Jean, even her famous
husbands are not named by their real name but by “the ex athele” “the playwright”.

Although it is a fiction, the women I discovered in this book is actually, and I understood
it afterwards, the woman I imagined or wished she was, not the one from the gossips.
A sensitive woman, beautiful, fragile and strong at the same time, intelligent, gifted for
acting despite what some said. A woman who had a hard life, looking for love and being loved, afraid of being alone, looking for a dad through her lovers, wanting to be a mum,
doubting her own legitimity of being alive. I felt a lot for her in this book and after
the 1110 pages (that honestly you won’t feel), she nearly becomes our friend. We would like to reassure her, to tell her we are there, we read everything and we don’t see her as Marilyn anymore. Because if I see her now as Norma Jean, before, I didn’t really questioned it. ” Yeah yeah, Marilyn Monroe was named Norma Jean before”. Before? What do I mean by before? She was born Norma Jean and she was her all along. Marilyn was only a character(at first). That is why probably Joyce Carol Oates uses different ways of calling her like “the blond actress”, uses “” when she calls her “Marilyn Monroe” to underline Norma Jean’s invention. There were like two people sharing the same body.

p779 (translated from french)
” this blonde girl, was she “Marilyn Monroe”? or did she only looked like her, in the same way a younger and less experimented sister would look like the famous/infamous Hollywood acress? When he will know her better, the Playwright would be surprised to see that when she didn’t want to be recognized, she rarely was because “Marilyn Monroe” was only another character she played and not one she was particulary passioned about.”

p 894 (translated from french)
” The Playwright noticed (…) that women often felt sympathy for Norma. While he would
have expect jalousy, envy, antipathy, they felt like a curious link with her or “Marilyn”;
was it possible that in a way, looking at her, they saw themselves? A idealized form of themselves? A man could only smile at such a misjudgment. An illusion or mental confusion. But what does a man know?”
p 964 (translated from french)
” Monroe wanted to be an artist. She was one of those rare person I met who took all of
this shit so seriously. That’s what’s killed her, not the rest. She wanted to be known as a great actress and at the same time be loved like a child and we can’t possibly have both, we have to choose what we desire the most.”

I can compare this novel to a historical book Marilyn and JFK  by Francois Forestier
(french, I think) that I read many y ears ago and already it upset me at the time and I felt
closer to Norma Jean or Marilyn Monroe as they were not really discribed as different.
It is a book written in a journalist way. Facts are facts and the death of the actress
so much talked about is discribed as an open theory. Here in Blonde, we can feel that Joyce
carol Oates is attached to Norma Jean and takes her side. Here we don’t want to see/let her
go even if we know we can’t change the past and also because we know in a way she will
be free from everything as she suffered a lot.

To sum up, a book to keep on your shelves. A book that will make you see the actress Marilyn
Monroe and the woman Norma Jean under another light.
And if like me it makes you want to see all her moves, then we can talk about it!

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6 thoughts on “Blonde de Joyce Carol Oates

  1. Magnifique chronique pour un magnifique roman ! Je ne connais pas bien Marilyn mais en lisant tes mots j’ai très envie de la découvrir. J’ai lu dernièrement une bio de Jane Mansfield, pin up et actrice américaine qui a été mise au rebut par le succès de Marylin… J’ai beaucoup aimé Jane, pourrais je aimer Marilyn ?

  2. Merci beaucoup!:-) oui j’ai vu cette biographie de Jane Mansfield ca m’interesse aussi. Marilyn tu ne l’aimera Peut etre pas Mais Norma Jeane, je pense qu’on ne Peut pas faire autrement que l’aimer! Je suis contente de t’avoir donné envie. Je comprends que d’avoir lu Jane Mansfield ecclipsé t’a fait voir Marilyn d’une certaine facon, d’ailleurs ca a ete beaucoup critiqué car après /en meme temps le studio cherchait d’autres blondes actrices mais qui face a Marilyn ne percaient pas forcement. Je ne peux que te conseiller cette “fausse” biographie 😉

  3. Un très bel avis. Si avec ça les gens ne cours pas à la librairie ou bibli se le procurer c’est qu’ils n’ont pas de cœur. Je l’avais déjà noté car tu en avais déjà parlé en tout cas, avec cette chronique tu m’as achevé, il faut vraiment que je me le procure car il a l’air super ! Mais je ne me doutais pas de la taille : c’est une vraie brique (c’est souvent les meilleurs livres, les briques ^^).

    • Merci ca me fait tres plaisir ! 🙂
      J’espere qu’il te plaira autant qu’a moi! Oui la taille avait ete une surprise pour moi quand on me l’avait offert (livre->valise->valise->livre, haaaa ca rentre pas!!!lol), comme tu dis, une vrai brique (en poche en tout cas) mais il vaut son pesant d’or!

  4. Magnifique article sur une magnifique personne. Tu connais mon amour pour Norma Jean et j’ai très honte car je n’ai toujours pas lu Blonde, j’avais beaucoup aimé Marilyn et JFK. Promis c’est le prochain que j’attaque!

    • Oh oui que je le sais !J’attendais ton commentaire d’ailleurs 😉
      Ce n’est pas une honte, Blonde est une “fausse” biographie donc ce n’est pas la que tu y trouvera des faits exacts pour une fan mais je ne peux que te conseiller car si tu avais aime Marilyn et JFK, la tu vas la voir sous un angle completement different et ton amour pour elle va attendre des sommets!

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