D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère

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Pages : 334

Langue originale/Original language : French

Obtenu/got : Acheté en France

Lu en/ Read in: french

English title: Other lives but mine

emma

Mon appréciation :

Beaucoup aimé, c’est très intéressant et touchant. Une approche différente.

L’histoire en bref :

Il s’agit d’une histoire vraie. Emmanuel Carrère est parti en vacances au Sri Lanka avec sa compagne, son fils et le fils de sa compagne, en 2004. Du jour au lendemain, leur quotidien va se retrouver boulversé par le tsunami qui a fait rage là bas. Il sera témoin d’un drame, la mort d’un enfant qui va le marquer et faire réfléchir. De retour à Paris, la mort de sa belle soeur va le pousser à prendre sa plume et écrire un livre, ce livre, c’est celui que j’ai eu entre les mains.

Mon avis :

Alors évidement, dans le résume je vous parle de Tsunami, de mort et il est question vgalement de cancer, on a envie de dire “c’est pas très joyeux tout ça”. Et non, effectivement, ca ne l’est pas. Sauf qu’ici Emmanuel Carrere ne nous raconte pas tout ça pour nous plomber le moral mais plutôt pour nous donner des leçons de vie à tirer de ces catastrophes ou maladie ainsi qu’une autre vision, celle de la famille, des amis.

Cette autre vision, on l’a en grande partie avec le personnage d’Etienne, qui était ami et collègue de Juliette, la belle soeur. Etienne, le cancer, il connait. On a dû lui emputer la jambe à cause de ça alors qu’il sortait à peine de l’adolescence. Mais sa vision du cancer est très intéressante. Il dit par exemple cancer, c’est une partie de lui. Ce qu’Emmanuel a du mal à comprendre.

Tiré de Pierre Cazenave, un psychanalyste p 154 “il y a deux espèces d’hommes : ceux qui font souvent le rêve de tomber dans le vide et puis les autres. Les seconds ont été portés, et bien portés, ils vivent sur la terre ferme, s’y meuvent avec confiance. Les premiers au contraire souffriront toute leur vie de vertige et d’angoisse, du sentiment de ne pas exister réellement. Cette maladie du nourrisson peut perdurer longtemps à bas bruit chez l’adulte, sous forme d’une dépression invisible même par soi, et qui un jour devient un cancer. On n’est pas étonné alors, on le reconnait. On sait que ce cancer, c’était soi. Toute sa vie, on a craint quelque chose qui, en fait, était déjà arrivé.”

Et puis p155″ a celui qui n’a pas eu l’impression d’exister, le psychanalyste propose de transformer la maladie et même l’approche de la mort en une chance ultime d’exister vraiment. Il cite cette phrase mystérieuse, déchirante, de Céline : “c’est peut-être ça qu’on cherche à travers la vie, rien que ça, le plus grand chagrin possible de devenir soi-même avant de mourir“”.

Ce passage m’a notamment fait beaucoup réfléchir par rapport aux personnes autour de moi qui ont eu un cancer et sans en faire une généralité, je pense que c’est assez juste (en tout cas pour certains de mes exemples). Et dans un sens c’est terrible de le réaliser.

D’autre part, avec Etienne, on apprend pas mal sur le cas des surendettés en justice car il est juge et il s’est battu avec l’aide de Juliette et d’une autre collègue contre des injustices dans le cas ou le surrendetté n’a selon lui pas d’autre choix que d’avoir recours à des prêts. Et c’est toute une passion que l’ont sent dans ces pages qui sont retranscrites du discours d’Etienne, de manière assez simple et compréhensibles, sans trop de jargon juridique. J’avoue que je me suis demandée à un certain moment ce que tout ca avait à voir avec le fond du livre. Ce que j’y vois avec le recul, c’est que malgré la maladie, qui loin de l’avoir abattu, Etienne a perséveré dans sa passion et a mené son propre combat, comme s’il avait puisé son énergie de l’adversité en la reportant sur ce qui compte pour lui.

D’autres personnages comme Patrice ( le mari de Juliette), même devenu veuf il sourit toujours à la vie malgré la perte de son amour. D’ailleurs, il ne l’a pas vraiment perdue, elle existe toujours en lui et au travers de leurs filles.

Puis Emmanuel Carrère revient sur les évènements du Tsunami et nous tiens “au courant” de la survie des parents après la perte de leur enfant que l’ont découvre au début du livre. Car dans les premiers temps il s’agit bien de survie.

Tous ces drames, aussi horribles qu’il soient, Emmanuel Carrère nous dit, en tout cas c’est comme ça que je l’interprète, qu’on peut vivre avec (en se donnant du temps bien entendu). Même si cela nous parait tout d’abord complètement impossible et que ces drames ont eux même boulversé son existence à lui,  ils lui on fait voir la vie sous un autre angle. Il y a une vie après la catastrophe, à nous de puiser l’énergie où on le peut (travail, famille,..) et d’aimer, donner de soi car c’est très important de ne pas se renfermer. C’est vraiment un livre qui apporte une nouvelle lumière et pas sur-optimisée du genre “l’amour guérit de tout, viens voir la lumière” ce genre de truc. Pas du tout! Carrère reste très terre à terre mais nous fait partager son expérience de comment deux évènements qui n’ont aucun lien entre eux et qui ne le touche pas personnellement ont eu un impact dans sa vie et comment il en est venu à coucher son expérience sur le papier.

Pour résumer, il n’y a pas d’histoire à proprement parler mais plutôt un accompte d’évènements et de réflexions sur la vie, sur la mort et le cancer, la perte de gens chers. Ca ne vous minera pas le moral mais évidement, il faut choisir son moment pour le lire.

Other lives but mine by Emmanuel Carrère

emma

My liking :

Really liked it. Very interesting and moving. A different approach.

The story in short :

It is a true story. Emmanuel Carrère went on holidays in Sri Lanka in 2004 with his son, his partner and his son’s partner. From one day to the next, everything is going to be upset with the tsunami that distroyed a lot over there. He will witness a horrible thing, the death
of a child that will make him think. Back to Paris, his sister in law die of cancer and it will make him take his pen to write a book and this book is the one I had in my hands.

My opinion :

So obviously, I tell you about Tsunami, death, cancer so the first thing you want to say is
that it is not joyfull. And not, it isn’t but here the author isn’t saying all that to make us sad but on the contrary to make us think. There are lessons to take out of those events and he shows us as well the importance of the events within the family and friends.

This other vision is brought mainly with the character of Etienne, friend and colleague
of the sister in law. Cancer, Etienne knows it, he had one and had his leg amputated when
he was still a teenager. His vision of cancer is very interesting. He says for example that
cancer was a part of him and he recognized it and it is something the author has trouble to
understand.

An extract from Pierre Cazenave, a psychanalyst, p154 “there are two species of me : the ones who often do that dream of falling and the others. The seconds are carried, well carried and live on a solid ground, evolve feeling secure. The firsts on the contrary
will suffer all their life from vertigo and fear, of the feeling of not existing completely. This newborn illness can affect a long time in the adult life, in the form of an invisible depression even by oneself, and which one day becomes a cancer. We are not surprised, we recognize it. We know that this cancer, it was us. All our life, we feared for something that in fact already happened.
And further on, p155 “to the one who didn’t feel he was existing, the psychanalyst suggests to transform the illness and the way we approach death in an ultimate chance for existing completely. He quotes this mysterious, toring quotation by Celine “maybe that all we look for in life, only this, the biggest pain ever of becoming ourselves before dying.”

That really got me thinking of the people I know around me who had cancer and without making it a rule, I must say that is it true for some of them and it sounds terrible to imagine that.

Otherwise with Etienne, we get to learn a lot about people in excessive debt in the justice
as Etienne is a judge and he fought with Juliette (the sister in law) and another colleague
in some problem with contract that made things worse for the people in excessive debts
because according to him, they don’t have other choice than taking another loan and therfore get in a worse situation. And Etienne’s passion for his job breaks through the pages. Everything is explained in a simple way and not too much specific vocabulary. I must say at some point I wondered about what has it got to do with the book. What I think is that despite the illness, that far from taking him down, Etienne persevered in his passion and had his own fight, maybe drawn his energy from adversity using it to what counts for him.

Other characters like Patrice, Juliette’s husband, widow, still smiling to life despite
loosing his love. Love that he didn’t completely loose as she is still living through their
daughters.

Then Emmanuel Carrère comes back on the events after the Tsunami and keep us “up to date” with the couple who lost their child, how they survive because this is what is it at first, it is a survival.

All those dramas, as horrible as they are, the author tells us (at least that’s how
I understand it) that given it time, even if it seems impossible at first, they make us
see life under a new light. Those events arrived around him and they still had an impact on
his life, his vision of life. There is a life after the dark and it is down to us to get strength where we can ( work, family, …) and keep on loving, sharing because it is so important to not keep everything to yourself. It is a book that will show you a new angle and not over optimistic like love will heal you that sort of Hippie stuff, no, here Carrère stays down to earth, tells things how they are and how two events who have nothing to do between them had an impact on his life so much that he wrote about it.

To sum up, there is not really a story line in this book but it is more about thinking
about life, death, cancer, losing people who are close to you. It won’t make you cry but
obviously, there is a time an a place to read that sort of book.

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11 thoughts on “D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère

  1. Je l’ai lu, il y a quelques temps, c’est un livre fort qui fait réfléchir. Mais je dois t’avouer que je ne lirai pas ce style de romans tous les jours car il est fort mais dur.

    • Oh non je suis tout à fait d’accord avec toi. Je pense que c’est un livre a lire mais il faut choisir son moment et ne pas enchaîner des livres de ce genre car comme tu dis, il fait réfléchir. Je suis contente qu’il t’ai plu en tout cas!

  2. Je pense que ce n’est pas trop le genre de livre que j’ai envie de lire en ce moment, j’ai toujours un peu de mai avec ce genre de livre qui apporte un témoignage.. Et puis cet auteur, ça me rappelle le bac de français! Haha

    • Ben t’as eu de la chance! Moi j’ai eu Zola au bac de francais…
      Non mais je comprends tout a fait, il faut etre dans un etat d’esprit qu’y s’y prete aussi mais si un jour ca te disait, c’est une lecture tres interessante!

  3. J’aime beaucoup cet auteur ! Ca fait longtemps que je n’ai pas lu de roman de lui ^^ Je note celui ci car il a tout pour me plaire (même s’il n’est pas joyeux 🙂 )

    • Je ne le connaissais pas du tout c’etait mon premier de lui mais ca m’a donne envie d’en lire plus meme si d’apres ce que j’ai compris, celui ci est un peu “a part” car il ne s’agit pas d’un roman mais de faits reels. Il est tres interessant alors meme s’il n’est pas joyeux, reserve-le pour un bon moment. Moi personnellement il m’a fait reflechir mais mon moral etait bon apres la lecture 🙂

  4. Je n’ai encore jamais lu cet auteur mais très envie de le découvrir. Peut-être pas avec ce titre par contre. Dès que ça parle de maladie, je fuis !

    • Je comprends tout a fait que ce soit un sujet qui ne plaise pas a tout le monde. La lecture c’est fait aussi pour se detendre alors lorsque ca touche un sujet auquel on est sensible, on qu’on aime pas tout simplement, le plaisir n’est plus la et la lecture n’a plus vraiment de sens. Je ne peux que t’encourager a decouvrir cet auteur et qui sait, un jour peut etre tu ouvriras celui ci!

  5. Cette lecture a été très forte pour moi. J’en ai été bouleversée pendant plusieurs jours après… Mais tu dois t’en douter vu que j’ai donné le nom à mon blog en partie à cause de cette lecture (mais pas que).

    • Oui ca ne m’etonne pas. C’est assez difficile comme lecture du point de vue du sujet meme si j’ai trouve qu’il etait bien traite et pas “plombant” le moral. Ce livre fait partie de ceux qui “restent”. Je pense aussi que selon nos vies et nos experiences, on le ressent differemment et qu’il nous touche plus ou moins profondemment. Et effectivement, j’ai fait le lien avec le titre de ton blog 😉

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