We were the Mulvaneys by Joyce Carol Oates

SCROLL DOWN THE PAGE FOR ENGLISH VERSION!!

Pages : 464

Lu en /Read in: Anglais/English

Langue originale/Original language: Anglais/English

Obtenu/Got: acheté en charity shop / bought in a charity shop

Titre français / french title :  Nous étions les Mulvaney

Couverture française:

imagesCA4BVLX1

Mon appréciation :

Beaucoup aimé. Profond, vivant.

L’histoire en bref :

Les Mulvaney vivent à High Point Farm à Mont Ephraim dans l’Etat de New York. Ils sont aimés de tous. Les Mulvaney sont comme une marque de fabrique. Ils sont six en tout, sans compter les inombrables chats, chiens, chevaux de la ferme. Michael, le père est à la tête d’une entreprise de réfection de toiture qu’il a monté lui-même, Corrine est mère au foyer mais très occupée avec la ferme et son magasin d’antiquités, Michael Junior ou Mike, l’ainé de la famille qui a presque deja quitté le nid et qui doit reprendre l’entreprise familiale, Patrick l’intello incompris, Marianne, la célèbre pompom girl et Judd le petit dernier.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à cette Saint Valentin en 1976, quand un drame qui frappe Marianne va changer la famille à tout jamais.

Le récit se déroule sur plus de vingt ans.

Mon avis :

Ca commence un peu comme un descriptif de la famille Ingalls, on s’attend presque à lire que Michael senior joue du violon avec un pied sur la cheminée, sauf que ce n’est pas son style. Michael senior est un bel homme qui vit dans une ferme mais qui s’habille bien, a travaillé dur pour en arriver là où il est, recherche la reconnaissance d’autrui et l’integrité par le Country Club de la ville. Corinne a son propre caractère, toujours pleine d’entrain, joyeuse, qui siffle à tout bout de champ. Elle ne correspond pas à l’image féminine de son mari car au contraire elle ne se soucie pas de ce qu’elle porte, fait ses prières et s’en remet à son dieu pour la suite des évènements.

Le récit nous est narré par Judd qui tantôt nous parle de lui à la première personne du singulier, tantot à la troisième, comme s’il était finalement spectateur de ce qui est arrivé. Il nous parle de sa famille, qu’il ai été là ou non, car comme il le dit dans le livre, quand on est le dernier, il arrive parfois des choses avant notre naissance qu’on pourrait jurer avoir vécu tant le sens de la famille et le sentiment du souvenir forme une sorte de mémoire collective.

Alors qu’est ce qui est arrivé, je vous le révèle ou pas? Non, je vous laisse la surprise, bien que ca influence beaucoup sur ma revue. J’ai mis beaucoup de temps à lire ce livre, pour une raison que j’ignore. Je ne lis pas specialement vite en general mais là les escargots me depassaient. Pourtant, j’ai beaucoup apprecié cette lecture. Passés les quelques premiers chapitres que j’ai trouvé un peu difficile car le style de l’auteur est particulier et moi j’étais impatiente, je voulais savoir qu’est ce qui s’était passé à la Saint Valentin et je ne comprenais pas pourquoi Judd s’éloignait en racontant d’autres souvenirs. Alors souvenez vous de cela lors de votre lecture, soyez patients. Et apres cela, j’ai été totalement transporté par cette lecture très riche où les personnages sont tellement bien décrits qu’on a l’impression de les connaitre et d’être nous même un Mulvaney. Chaque annecdote est là pour connaitre mieux un personnage.

Un drame où la consequence est terrible : la fille est envoyée vivre ailleurs car c’est à cause d’elle que tout a changé. La voir, c’est culpabiliser. Pretendre que tout va bien, c’est sauver les apparences. Or un Mulvaney se doit d’être respectable.

Etre un Mulvaney, c’est comme une marque de fabrique, une entité, une unité. Nous sommes les Mulvaney et nous ne formons qu’un semblent-ils dire. Ce sentiment d’appartenance si fort que toute leur vie, les enfants vont la ressentir malgré le déchirement de leur famille. Ces non Ingalls donc qui au départ sont “parfait” se désintègrent à cause d’un horrible évènement et Joyce Carol Oates va utiliser chaque réaction possible d’un être humain et l’appliquer à ses personnages pour nous donner une vision large du problème. Comment gérer un drame? On sombre dans l’alcool, on fuit, on se révolte et on rejete les autres, on se fait tout petit, on crie que l’on existe, on demande pardon sans être nécessairement entendu, on pleure, on devient violent, on s’en prend aux autres, on se venge.

Sortir de l’enfance et réaliser que papa et maman sont aussi tout simplement un homme et une femme, des êtres humains avant d’être papa et maman. Ouvrir les yeux sur ce qu’ils sont et ne plus les voir dans leur perfection, voir leurs faiblesses fait partie de l’apprentissage de tout enfant et ici de tous les enfants Mulvaney. Papa n’est plus ce bel homme fort et sur de lui, il est en fait égoiste et fou. Maman n’est plus cette femme douce qui nous câlinait mais une femme qui met le bonheur de son mari avant toute chose, quelque soit le sacrifice à faire et le prix à payer parce que cet homme est l’amour de sa vie.

Mike qui choisira de partir dans les marines, qui se retirai presque totalement de la famille, n’assumant pas le choix de ses parents d’envoyer Marianne vivre ailleurs. Patrick, promu à un si bel avenir qui faisait la fièreté de ses parents, lui aussi a fuit, s’est rebellé, s’est vengé et puis finalement s’est détaché de ces parents qu’il ne reconnaissait plus. Marianne, la pauvre Marianne qui m’a plusieurs fois brisée le coeur, exilée, se sentant fautive et honteuse, s’accrochant pendant une période de sa vie à des gens influents comme son père et recherchant leur reconnaissance. Dès que cette reconnaissance arrivait enfin, c’était trop pour elle, il lui fallait fuir par peur d’etre mise à nue, découverte, renvoyée et décevoir, encore. Judd qui etait encore jeune lorsque c’est arrivé n’avait pas d’autres choix que de suivre le mouvement et d’observer en attendant son tour de partir du cocon familial désintègre. Le père se sentant furieux, indigné et humilié fait régner son pouvoir sur sa famille à tel point que sa famille ne sera liberée par sa poigne que lors de son depart. C’est lui qui réagit le plus violament se tournant vers l’auto-destruction pour oublier l’inoubliable. Corinne quant à elle se plie à la volonté de son mari. Elle aussi au fond préfère oublier. Parce que c’est plus facile que de vivre avec la culpabilité.

Vous sentez peut être une pointe de jugement de ma part parce que contrairement à l’auteure, je ne peux pas faire autrement. C’est assez formidable d’ailleurs que dans ce livre il n’y ait aucun jugement. Tout est raconté sans prise de position.

Le dernier chapitre fait très americain et je crois que ca doit être peut être une ironie de l’auteure puisque dans ce roman elle critique si bien la societé americaine qui est prête à tout pour sauver les apparences. Cela dit, ce chapitre lève un peu les esprits et correspond au happy end que l’on souhaite. Après avoir assisté à la chute de cette famille, de passer par beaucoup d’émotions, de se sentir impuissant face aux décisions que les personnages prennent, ce n’est pas de refus. Et pourtant, lorsqu’on termine le livre, on en voudrait plus.

En conclusion, ce livre m’a beaucoup plu pour une première approche de Joyce Carol Oates. Cette famille qui partant de son apogée qui éclate et descend au plus profond de l’ame humaine. C’était très poignant et touchant.

We were the Mulvaneys by Joyce Carol Oates

My liking:
Liked it a lot. Good read, alive and deep.

The story in short:

The Mulvaneys live in High Point farm in Mont Ephraim in the state of New York.
They are liked in town. The Mulvaneys, it is a bit like a brand. They are six without
counting all the cats, dogs and horses living in the farm. Michael, the dad is at the head
of a roofing company as a self made man, Corinne stays at the farm but has plenty of
work there with her barn used as an antique shop as well, Michael Junior or Mike, is the
eldest who is close to leave the family house and is supposed to take over the family
business, Patrick the misunderstood clever young man, Marianne, the famous pompom girl and
Judd, the last boy.

Everything is well until this valentine’s day in 1976 when a drama falls on Marianne
and will change the family for ever after that.

The story evolves on more than twenty years time.

My opinion:

It starts a bit like the description of the Ingall’s (the little house on the prairie) and we nearly expect reading that Michael is playing the violin a foot on the chimney, except that it is not his style. Michael senior is a handsome man who leaves in a farm but doesn’t dress like a farmer and wears nice clothes, he worked hard to get there, is looking after recognition from others and integrity in joining the town Country Club. Corinne has her own personality, always happy and dynamic, whistling all the time. She doesn’t match her husband’s tastes in clothing or integrity. She just follows her way with her prayers and trust her god.

The story is told by Judd who writes sometimes at the first person or sometimes the third as if he was a spectator of what happened. He tells us about his family, that he was there or not because as he says in the book, there are times when something happen in the family and he could swear he was there altough the events happened before he was born, so much the family feeling and the memory create a sort of collective memory.

So, do I tell you about what happens in the book? No, best to let you discover even if it changes a bit my review as I can’t talk about it. It took me a long time for some reason to finish this book. I am not particularly a fast reader but there, even snails where going quicker. Although I very much enjoyed this read. Passed the first few chapters that I found
a bit difficult because Oates’ style is particular and I was very impatient. I wanted to know what happened and didn’t get why Judd was loosing himself in memories of other times and not go straight to the point. So remember this if you feel the same, be patient. After that I was completely taken away with this rich read where characters are so well described that we feel like we know them and to be ourself a Mulvaney. Each story is there to know better about a character. A drama where the consequence is terrible : the daughter is send away because what happened is because of her and it is because of her that everything changed. To see her is to feel guilty. Pretend everything is fine is to keep up appearances. And a Mulvaney is and must be someone respectable.

To be a Mulvaney is like belonging to a brand, a name, an entity, a unit.
We are the Mulvaney and we are one. This feeling of belonging is so strong that
all their life, the children are going to feel it despite the split in their family.
So these non-Ingalls people who are at first “perfect”, split up because of a horrible
event after which Joyce Carol Oates is going to use every possible reaction a human can
have and apply it to her characters to give us a full panel of the problem. How to
handle drama? We plunge in alcohol, we escape, we rebel and reject others, we try to
disappear, we scream we exist, we ask for forgiveness without being necesserely heard,
we cry, we become violent, we lay into somebody, we look for revenge.

Getting out of childhood and to realize that mum and dad are not just that but they are a man and a woman as well, human beings before being mum and dad. Opening our eyes on who they really are and to not see them in their perfection, to see their weakness is a part in life that every child has to go through and here the Mulvaneys children are no exeption. Dad is not this handsome man strong and confident but he is selfish and crazy. Mum is not this kind and cuddly woman but a woman who puts her husband’s happiness above everything, no matter the price to pay because he is the man of her life.

Advertisements

14 thoughts on “We were the Mulvaneys by Joyce Carol Oates

  1. Je n’ai lu qu’un livre de cette auteure (“Fille noire, fille blanche”) mais je retrouve un peu dans ton billet les sensations que j’ai moi-même éprouvées. J’ai le sentiment que ce n’est pas une auteure facile à lire, mais j’ai envie de la découvrir un peu plus.

    • Tout à fait. Il y a longtemps que je voulais lire Blonde car l’histoire de Marilyn m’intéresse même si le livre d’Oates n’est pas biographique. A “défaut” j’étais tombée sur celui-ci ainsi que “a little bird of heaven” ayant lu beaucoup d’articles sur la blogosphère sur cette auteure et j’ai vraiment envie d’en découvrir plus moi aussi. Et je suis d’accord avec toi, je pense qu’il faut un temps d’adaptation lorsqu’on commence un de ses livres. Tu avais aimé “fille noire, fille blanche”?

      • En fait, je ne me suis pas attachée aux personnages et pour cette raison j’ai mis du temps à le lire, mais en même temps je n’avais pas envie de l’arrêter… Je n’ai pas adoré ce livre, mais je sentais qu’il fallait que j’aille au bout. J’en ai gardé un souvenir mitigé et c’est pour ça que je voudrais lire d’autres titres de l’auteure.

      • Ah oui d’accord. J’ai lu sur d’autres blogs que ceux qui aimaient beaucoup cette auteure étaient eux aussi partagés concernant certains titres. Je pense que pour ton deuxième, il va falloir bien le choisir pour tomber sur un bon titre! Tiens moi au courant quand tu auras décidé!;-)

  2. Il faut vraiment que je lis un livre de cette auteure ! Dés que je vois un article sur un de ces livres je me dis “vas y faut vraiment en lire un” Et puis je trouve pas le temps ! Chronique très intéressante ^^

    • Merci beaucoup!
      Je comprends ce que tu veux dire, moi aussi ça faisait longtemps que je voulais lire cette auteure mais je me dis qu’il y a un temps pour tout et il faut en avoir l’occasion. Ce n’est pas évident quand on a des PAL à rallonge! 😉

      • Oui Fille noire fille blanche est en fait le seul roman d’Oates que j’ai lu… franchement je n’en ai pas gardé un souvenir impérissable. Tous ses romans ne se valent pas, il faut dire que la dame est prolixe!!! J’ai très envie de lire Les chutes, apparemment un de ses meilleurs romans.

  3. Ah, Joyce Carol Oates est un de mes auteurs préférés. J’ai lu… euh, je crois une bonne dizaine de ses romans, et j’avais commencé par “Blonde”, qui est resté un choc de lecture. “Nous étions les Mulvaney” est, avec “les chutes”, un de mes préférés. J’aime ces gros romans dans lesquels on peut se plonger à fond. Et Oates n’a vraiment pas son pareil pour analyser la société américaine au scalpel et dévoiler tous les recoins de l’âme humaine…

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s